Trottinettes électriques : en roue libre vers l’irresponsabilité !

Elles sont partout. 2018 aura vu le déploiement fulgurant de trottinettes électriques en libre service sur les trottoirs parisiens. Effet de mode ou nouvel engin de mobilité ? En tous cas, elles ne passent pas inaperçues, que ce soit dans nos rues ou aux services d’urgences : Dès l’an dernier, le nombre de blessés en trottinette a augmenté de 23%. Quand aux accidents dont les piétons sont victimes, que ce soit pour s’être faits rentrés dedans ou pour avoir trébuché à cause de ces nouveaux encombrants disséminés sur les trottoirs, aucune statistique n’est encore disponible. Les médias ont relayé la réglementation en vigueur concernant les vitesses et voies de circulation autorisées pour la variété d’engins apparus ces dernières années : le vélo, électrique ou non, est considéré comme un véhicule. Sa circulation est autorisée sur la chaussée, et bien sûr sur les pistes cyclables. A Paris, en présence d’un feu et lorsque c’est précisé au carrefour, il est autorisé à « tourner à droite » même si le feu est rouge. Et il peut emprunter une voie en sens interdit lorsque c’est indiqué. La circulation sur le trottoir est interdite, sauf si la route est pavée, en réfection ou que vous avez moins de 8 ans (le cycliste, pas le vélo !). Mais il ne faut pas dépasser les 6 km/h. La trottinette classique est interdite de chaussée et de piste cyclable. Seul le trottoir lui est autorisé, mais uniquement à l’allure de la marche, sans dépasser les 6 km/h. Plus rapide, son équivalent électrique peut atteindre les 30 km/h, elle n’est donc pas autorisée sur les trottoirs. Mais elle n’est pas autorisée sur la chaussée non plus ! Car il faudrait qu’elle dispose d’un siège et soit homologuée. Elle est tolérée, pour l’heure, sur les pistes cyclables, mais cela n’apporte aucune garantie, car en cas d’accident, les assureurs ne connaissent pas cette notion de « tolérance ». Enfin, les monoroues et les hoverboard sont limités aux trottoirs, mais à 6 km/h maximum. Nous en voyons pourtant régulièrement débouler à vive allure, sur la rue ou le trottoir. Or, en l’absence de respect de la réglementation, c’est la seule responsabilité de l’utilisateur de ces engins qui est en jeu : un comportement mettant la vie d’autrui en danger est puni de 15.000 euros et d’un an de prison. Quant à la responsabilité des loueurs de trottinettes, les autorités semblent bien silencieuses sur le sujet. Pourtant, ce sont ces loueurs qui les ont déposées sans se soucier de l’impact ni expliquer les règles d’utilisation. 

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