Tous les articles par Bernard Blot

Une vidéo sur la bagagerie Mains Libres

A l’occasion des dix ans de la bagagerie Mains Libres, la photographe Florence Levillain a présenté une exposition de portraits en grand format d’usagers et de bénévoles, visible le site de son agence. Elle a également réalisé un magnifique documentaire de 15 minutes dans lequel les SDF expliquent à quoi leur sert cet équipement. Il existe désormais 7 bagageries à Paris, et 4 en projet. Mais la spécificité de Mains Libres, qui n’est pas toujours reprise par les autres bagageries, c’est de faire participer les SDF aussi bien à la gestion quotidienne qu’au conseil d’administration. Chez Mains Libres, les deux tiers des permanences d’accueil sont assurés par les usagers eux-mêmes ! Or, la prise de responsabilité est un vecteur puissant pour reprendre confiance et se réinsérer. Longue vie à cette belle initiative de notre quartier !

De l’air ! Constat des lieux 1 an après

En septembre 2016, la Mairie de Paris piétonnisait les 3,5 km de la voie G. Pompidou, ce qui a suscité de nombreuses interrogations et polémiques. Pour juger l’impact de cette décision sur la qualité de l’air, l’association Airparif a proposé une étude spécifique sur un an et en deux parties, hivernale et estivale, en tenant compte de multiples facteurs (les saisons, nombre de véhicules, fluidité du trafic, topographie de l’axe..). Vous pouvez retrouver tous les résultats de cette étude sur Airparif. Nous nous contenterons de quelques remarques concernant Paris intra-muros. On constate une amélioration de la qualité de l’air sur les quais bas fermés à la circulation (les voies sur berge), mais une dégradation sur les voies de report (quais hauts et Bld St Germain) et dès la fin de la portion piétonnisée (à l’est de Paris). Aucun impact significatif sur l’exposition globale des parisiens n’a été mis en évidence à la hausse ou à la baisse. Les résultats sur Paris montrent deux tendances :
- une amélioration globale de la qualité de l’air le long des quais (jusqu’à - 25 %).
Toutefois, les niveaux sont toujours supérieurs aux valeurs réglementaires.
- une dégradation de la qualité de l’air significative dans l’est parisien en sortie de la zone piétonne (jusqu’à + 15 %), au niveau du quai Henri IV et le long du quai de Bercy. Cette dégradation est plus limitée aux carrefours des quais hauts et sur les itinéraires de report de circulation (boulevard St. Germain). Globalement, les niveaux de dioxyde d’azote sont plus élevés le long de la portion fermée (centre et ouest). Les concentrations les plus importantes ont été constatées sur les Quais du Louvre et de la Mégisserie. A l’inverse, les résultats les plus bas correspondent aux quais bas, fermés à la circulation et ouverts aux piétons. On peut les comparer aux niveaux de pollution de fond, mesurés par exemple dans les parcs, loin de la circulation.

Des rues rénovées… D’ici deux ans

Nous l’annoncions en mars 2017 dans notre Lettre n°105, la réfection de l’ensemble de la voirie du quartier des Halles va enfin être lancée. Si nous déplorons toujours le choix de matériaux « au rabais » (granit gris pour quelques voies principales, asphalte pour les rues secondaires), la confirmation du calendrier (février 2018 à août 2019) laisse enfin percevoir la fin d’une période de chantier qui a commencé… en 2010 ! Mais nous persistons à plaider pour l’installation d’un dispositif de contrôle d’accès des véhicules motorisés, ce qui ne semble malheureusement toujours pas être d’actualité.

Le toit brûlant de la Canopée

Les concepteurs de la Canopée n’ont pas fini de nous étonner, avec leur toit plein de surprises. Après le toit qui fuit (les travaux de colmatage des ventelles viennent de débuter, pour un coût, confirmé au Comité de suivi du chantier, de 1,2 millions d’euros…), voici le toit qui éblouit et contribue au réchauffement climatique. Une douzaine d’habitants de l’immeuble du 112-118 rue Rambuteau nous ont signalé, à plusieurs reprises, que leurs logements étaient victimes de la réverbération générée par la canopée. Outre le désagrément visuel, cette luminosité ascendante excessive a généré des hausses de température atteignant jusqu’à 45 degrés dans les logements concernés. Aux dernières nouvelles, la solution a été trouvée. La RIVP, profitant du ravalement des bâtiments, a installé les stores occultants dans toutes les fenêtres. Nous sommes ravis que les plaintes des habitants aient été entendues !

 

Une bulle commerciale au centre de Paris ?

La « Canopée » génère-t-elle une sorte de ressac commercial dans son environnement proche ? Si le Forum des Halles a su, une nouvelle fois et après de longues années de travaux, attirer des enseignes populaires et des marques internationales, la situation des commerces du centre de Paris semble beaucoup plus contrastée. Vous êtes plusieurs à vous être étonnés de la
vacance de plusieurs surfaces commerciales rue de Rivoli, rue du Louvre, rue Etienne Marcel… et à vous inquiéter de la disparition de commerces de proximité. Dans une étude parue fin 2016, l’Atelier Parisien d’Urbanisme  (APUR) confirme une progression du nombre de surfaces vides au niveau parisien avec près de 600 locaux vacants, soit un taux de vacance de 9%, en progression de 4,36 %. Pour la seule rue de Rivoli, l’APUR recense 7 nouvelles surfaces vacantes au cours de la dernière année. Mais surtout, la vacance commerciale s’enracine, plus de 56 % des commerces vacants en 2015 l’étaient encore en 2016. Concernant les zones « à forte attractivité » (le quartier des Halles en fait partie), trois secteurs d’activité sont plus particulièrement touchés : les agences et services (banques, téléphonie, agences de voyages, agences d’intérim…), les magasins de décoration de la maison, en baisse depuis huit années consécutives, et les commerces d’habillement, qui en outre connaissent une forte rotation. Si la baisse observée concernant les services peut s’expliquer par de nouveaux modes de consommation (transactions sur Internet), d’autres phénomènes sont probablement à l’oeuvre : le déport de certaines enseignes qui ont rejoint le Forum des Halles à la suite de la rénovation, une forte concentration de commerces qui renforce la concurrence, un environnement dégradé par des chantiers longs, qui pèsent sur l’attractivité et enfin la progression des loyers, notamment par l’effet d’aubaine qu’a pu constituer la qualification comme « zone touristique internationale (ZTI) » qui a introduit la possibilité d’ouvrir le dimanche, et donc augmenter le potentiel pour certains types de commerces. On peut dès lors s’interroger sur l’impact qu’auront, dans les prochaines années, l’ouverture de nouvelles surfaces conséquentes dans l’ancienne Samaritaine, à la Poste du Louvre ou au Louvre des Antiquaires.