Tous les articles par Bernard Blot

34ème vide-greniers des Halles

Le 34ème vide-greniers des Halles organisé par l'Association Accomplir aura lieu le samedi 2 juin 2018 de 9h00 à 18h30. Il se tiendra place René Cassin et rue Rambuteau, le long de l'église Saint-Eustache.
Pour exposer sur ce vide-greniers il faut impérativement remplir deux conditions : être un particulier et habiter un des quatre premiers arrondissements de Paris.
Le prix du stand de 2m : 20€
Les inscriptions se feront le samedi 26 mai 2018 de 10h à 12h place René Cassin le long de l'église Saint-Eustache. Inutile de téléphoner ou de nous écrire.
Merci de votre compréhension.

Les documents à télécharger :
- le bulletin d'inscription et le règlement
- le plan

Jardin Nelson Mandela : l’heure du bilan

Après huit longues années de travaux, le Jardin Nelson Mandela (anciennement dénommé Jardin des Halles) est sur le point d’être rendu accessible dans sa quasi totalité à ses usagers. Il est maintenant temps de tirer le bilan de son réaménagement. Représentée dès l’origine du projet (2003 !) dans les instances de concertation puis de suivi, l’Association Accomplir est probablement l’une des mieux placées pour porter un regard documenté et avisé sur le résultat de ce projet. C’est ce bilan illustré que nous vous proposons pour ce numéro spécial de la Lettre d’Accomplir.

Un jardin qui aurait pu disparaître !
Notre premier et principal motif de satisfaction, c’est qu’un espace public, avec de la verdure, ait été maintenu aux Halles. En effet, dans le projet qui avait la préférence de la Mairie de Paris en 2004, celui de Koolhaas, 21 tours de verre de 25 à 37 mètres de haut ainsi qu’un grand « canyon » devaient prendre place dans le jardin, réduit à quelques plates-bandes entre les allées desservant ces tours… À l’époque, nous avons constitué un collectif d’une trentaine d’associations avec un seul mot d’ordre « Le jardin des Halles n’est pas un terrain constructible ». Aujourd’hui, même si l’aménagement du jardin fait ressortir divers problèmes qui, pour la plupart, auraient pu être évités, nous sommes heureux d’avoir réussi à préserver un espace de respiration, de verdure et de calme dans ce quartier extrêmement dense et animé.

Un défi : accueillir des foules de visiteurs
La contrepartie du besoin d’espace vert très fort auquel répond ce jardin, c’est qu’il est extrêmement sollicité, aujourd’hui comme hier, ce qui met les zones végétalisées à rude épreuve. La solution retenue dans l’ancien jardin consistait à multiplier les allées pour éviter le piétinement des pelouses et à protéger les plates-bandes par des petits grillages afin d’éviter qu’elles soient malmenées. Certaines pelouses étaient également encloses et réservées aux jeux d’enfants. L’architecte du nouveau jardin a préféré réduire le nombre des allées et supprimer toutes les plates-bandes encloses afin de rendre le jardin « entièrement accessible », ce qui revenait à ignorer le problème de la sur-fréquentation du jardin et ses conséquences.

D’une promesse champêtre à une banale pelouse
Sur le papier, on nous promettait « un jardin plus écologique », « un espace ouvert, une prairie », « une clairière au cœur de Paris » et « des circulations facilitées ». Les premiers visuels étaient effectivement prometteurs : une pelouse qui descendait jusque sous la canopée, de grands espaces d’herbes et de fleurs champêtres multicolores dans lesquels gambader et se prélasser, ouverts toute l’année. Forts de la volonté affichée de rendre tout le jardin « accessible », nos apprentis jardiniers ont supprimé les parterres de fleurs accusés d’être « inaccessibles ». Ils ont toutefois été obligés de protéger par des « grillettes » en tôle les grandes graminées et fleurs champêtres dont ils avaient parsemé leur prairie. De piètre qualité, ces « grillettes » ont vite rouillé après avoir gondolé tout un été, pour finalement disparaître… Et les fleurs champêtres ont laissé place à une banale pelouse verte uniforme. Celle-ci était censée rester ouverte toute l’année, mais ce ne sera possible que lorsqu’une herbe magique, résistante aux saisons et à un usage intensif par les passants, aura été inventée. D’ici là, nous aurons des « pelouses au repos » du mois d’octobre au mois d’avril, malgré les dénégations de nos interlocuteurs, et un mélange de terre, de boue et d’herbe agonisante dès la mi-juillet.

Les encombrantes émergences du sous-sol
Les concepteurs du jardin ont également négligé un détail pourtant très important. D’innombrables émergences du sous-sol parsèment le jardin : bouches d’aération, verrières, sorties de secours des commerces et équipements souterrains, ascenseurs, etc. Autrefois dissimulées par des pergolas couvertes de verdure ou élégamment intégrés au paysage, comme les délicates pyramides qui éclairaient la piscine, ces émergences prennent désormais la forme de vulgaires grilles métalliques ou de soupiraux géants qui viennent trouer la pelouse. En raison de problèmes d’étanchéité et de sécurité, les grandes verrières plates censées être dissimulées par les hautes herbes ont dû être inclinées et protégées par des structures complexes faites de grillage, de béton et de barrières. Résultat : on ne voit plus que cela, et ce n’est pas franchement décoratif… D’autant qu’une partie de ces émergences ont été habillées de béton : sans doute l’architecte ignorait-il que c’est un support idéal pour l’expression graphique de nos jeunes concitoyens ? Résultat, des graffitis plus ou moins heureux viennent désormais compléter son œuvre… Et la ville ne donne pas vraiment l’impression de s’empresser à nettoyer les nouveaux aménagements.

Un faux plat
Dans sa volonté de rendre le jardin plus accessible, l’architecte a décidé de le rendre entièrement plat. Or il existe un dénivelé inévitable entre la dalle de béton qui couvre le centre commercial construit dans les années 80 et l’entrée de l’église qui date de 1532, époque où le sol de la ville était beaucoup plus bas. C’est pour cette raison que l’aménageur précédent avait donné une forme de « coquille » à l’accès de la Porte du Jour et de la place René Cassin, ce qui permettait de conjuguer en douceur ces niveaux différents. Le nouvel architecte du jardin ayant nié cette réalité, il faut désormais monter une dizaine de marches pour se rendre sur le jardin depuis la rue Rambuteau, pourtant rue majeure du quartier. Conséquence paradoxale d’une volonté d’accessibilité un peu trop dogmatique, les seuls accès possibles pour les personnes à mobilité réduite se trouvent désormais au niveau de la rue Coquillère à l’ouest, et de la rue Montorgueil à l’est. Rien au milieu, pourtant point focal de la fameuse « clairière ». La « coquille » de la place René Cassin a été comblée pour en faire un escalier montant en « pas de mule », entouré de gradins suffisamment inconfortables pour faire fuir cet endroit qui auparavant constituait une sorte d’auditorium naturel, convivial et baigné de lumière dans l’axe de la porte de l’église Saint Eustache. De même, lorsque l’on souhaite accéder au Forum depuis la rue du Jour, il faut désormais monter avant de redescendre, alors qu’antérieurement l’accès se faisait de plain-pied et en pente douce.


Une erreur d’orientation
L’architecte paysagiste voulait imposer « de nouvelles trajectoires piétonnes » avec une grande et large allée centrale est-ouest, doublée de deux allées plus étroites sur les côtés. Avec les rues Berger et Rambuteau, cela faisait cinq voies de circulation est-ouest ! Comme l’architecte de la Canopée, il était convaincu que désormais, l’entrée principale du Forum des Halles se ferait côté jardin, d’où l’escalier monumental de la Canopée, son énorme parvis bétonné et la grande allée. Chacun peut constater aujourd’hui que c’est encore et toujours du côté Lescot que les visiteurs entrent principalement dans le Forum. La grande allée centrale va donc de l’arrière de la Canopée à l’arrière de la Bourse de Commerce, qui va devenir le musée de la Collection Pinault mais conservera son entrée principale côté rue du Louvre. Elle est clairement boudée par les piétons et on ne peut que regretter cette vaste étendue inutilement bétonnée au détriment de la végétation. L’architecte a tout simplement fait une erreur d’orientation !
Dès les premiers plans, nous avions fait valoir que les piétons circulaient essentiellement dans le sens nord-sud, pour rejoindre les bureaux et les commerces du 2ème arrondissement ou encore la rue de Rivoli. Nous nous sommes particulièrement battus en faveur du maintien de l’axe naturel de circulation qui relie la rue des Prouvaires à Saint Eustache, un lien ininterrompu depuis le XIIIème siècle entre la Seine et l’église, à la fois perspective remarquable et cheminement logique pour tous, visiteurs et habitants. Après de longues batailles, la raison a finalement gagné, puisque, à la suite d’une pétition organisée récemment par les commerçants, la Mairie de Paris a finalement annoncé le maintien de cette traversée nord-sud.

Le béton au détriment de la végétation
Dans son ancien aménagement, le jardin se prolongeait jusqu’à la place des Innocents, avec des pergolas couvertes de rosiers et de vigne vierge, et s’avançait même au milieu des pavillons Willerval, avec de grands massifs de rhododendrons entourant le « cratère » du Forum. Non seulement la Canopée prend beaucoup plus de place que les anciens bâtiments, mais son sol bétonné se poursuit sur l’immense parvis et la grande allée centrale, puis à nouveau sur le parvis disproportionné situé devant la Bourse de commerce. L’architecte avait promis un jardin beaucoup plus végétalisé mais, objectivement, c’est le béton qui a gagné ! Certes, les enfants tirent profit de ces surfaces bétonnées pour jouer au ballon ou à la trotinette, mais sans doute aurait-on pu trouver un meilleur compromis entre zones de jeux et espaces végétalisés.

Du mobilier et des matériaux pas vraiment pensés
Un de nos (rares) motifs de satisfaction dans le nouveau jardin est le grand nombre de bancs, de chaises et d’aménagements permettant de s’asseoir : nous avions fait valoir que c’était un des mérites de l’ancien jardin et demandé qu’il soit reconduit. En revanche, on peut regretter le matériau qui a été choisi, à nouveau du béton, qui se prête aux tags et doit être régulièrement repeint. Ces bancs attirent également les adeptes du skateboard et il a fallu y ajouter de petites protubérances en métal pour les décourager… et écorcher les fesses de ceux qui s’y assoient. Il faut désormais viser juste pour s’y reposer, mais aussi viser la bonne saison : leur forme a une fâcheuse tendance à retenir l’eau de pluie à la mauvaise saison et, lorsqu’il fait chaud, le matériau et la couleur les rendent rapidement brûlants. Une grande absente de ce jardin : l’eau. Certes, des miroirs d’eau avec brumisateurs ont été prévus sur le parvis de la Canopée. Mais pas de quoi nous consoler de la disparition des nombreux réseaux de fontaines qui agrémentaient et rafraîchissaient l’ancien jardin… D’autres équipements pourtant indispensables font également défaut : aucun attache-vélo n’existe dans le périmètre immédiat du jardin. Résultat, les cyclistes se rabattent sur ce qu’ils trouvent pour parquer leur monture : c’est ainsi que les rampes d’escaliers ont été détournées de leur usage, au détriment des personnes à mobilité réduite.

Bilan mitigé pour les enfants
Les premiers plans du nouveau jardin ne comportaient carrément aucune aire de jeux pour les enfants ! Nous avons dû nous battre pour obtenir que des espaces spécifiques leur soient accordés, de la même surface qu’avant, et qu’ils soient enclos car, au départ, l’architecte voulait les laisser ouverts… Ceux qui ont connu le jardin Lalanne, petit paradis conçu par une artiste de renom, auront beaucoup de mal à se consoler avec l’aire de jeux dédiée aux enfants de 7 à 11 ans et censé
e le remplacer.  Alors que le jardin Lalanne était un espace d’éveil et de liberté, le nouveau square est un lieu d’apprentissage de l’interdit : composé de matériaux et d’équipements jugés dangereux, il est parsemé d’avertissements et d’interdictions.
Quant aux grilles qui entourent ce jardin, censées assurer la sécurité des enfants, elles se sont révélées elles-mêmes dangereuses, ( outre le fait que des adultes les faisaient enjamber par des enfants en dehors des heures ) ! Il a fallu les doubler, voire les tripler avec des grillages additionnels. L’aire de jeux des tout-petits, ouverte récemment, semble  mieux conçue.mais est déjà saturée dés qu’il fait beau !

Les locaux plutôt encombrants des jardiniers
Dans l’ancien aménagement, les locaux des jardiniers avaient été installés en sous-sol et étaient desservis par une allée en forme de rampe qui conduisait à l’enclos fleuri des pyramidions, que l’on pouvait admirer depuis la passerelle qui le surmontait. Aujourd’hui, une large portion de la partie sud-ouest du jardin est occupée par ces locaux. Des clôtures en tôle découpée masquent imparfaitement le bric à brac de la direction des espaces verts, mais en revanche bouchent les perspectives et font obstacle à la circulation des piétons. Le remplacement des pergolas végétalisées par cette avalanche de métal est un comble, s’agissant des locaux du service des « espaces verts », et une contradiction de plus avec le projet initial.

La sécurité, pas vraiment anticipée
Des problèmes de sécurité ont également surgi : il a fallu composer avec le risque de véhicules pénétrant dans un jardin devenu beaucoup plus accessible que lorsqu’il était vallonné et parcouru de réseaux de fontaines. Une série de bacs à fleurs disparates a été déposée ça et là, sans réelle cohérence avec le style global, dans le seul but d’éviter les intrusions motorisées.

Levons les yeux…
Tant d’erreurs de conception laissent le sentiment d’un grand gâchis. Manifestement, l’architecte ne s’est guère préoccupé des usagers de son futur jardin. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de l’alerter sur les problèmes que poseraient son approche un peu trop dogmatique… Même les élus ont semblé impuissants à imposer ne serait-ce que le maintien de l’ancienne place Cassin. Cela dit, la densité du quartier et l’afflux des usagers de la gare font que, malgré sa médiocrité, le jardin Nelson Mandela est et restera probablement très fréquenté. Nous avons obtenu le maintien d’un espace vert aux Halles et c’est l’une de nos plus grandes victoires. Si la vue du béton omniprésent et l’absence de fleurs et de fontaines sont une grosse déception, il nous reste la possibilité de lever les yeux et d’admirer la façade nouvellement rénovée de Saint Eustache, dont la splendeur semble narguer les architectes modernes…

Chacun trouve sa place à la Médiathèque

Voilà bientôt six mois que Sophie Bobet a pris la direction de la Médiathèque de la Canopée. A la tête d’une équipe de 20 bibliothécaires augmentée de deux jeunes en service civique et forte de son expérience à la BNF puis à la bibliothèque Marguerite Yourcenar (15ème) elle poursuit les activités mises en place par Romain Gaillard son prédécesseur et se passionne pour le lancement de nouveaux projets. Particulièrement soucieuse de l’ouverture à tous, elle diversifie les propositions afin de toucher tous les publics. Ainsi, la « porteuse » Julie D. se déplace à domicile pour des lectures aux personnes âgées ou temporairement empêchées de se déplacer. Julie S. anime le dispositif « Main tendue » à l’attention des personnes isolées ou en situation de précarité. Des partenariats avec Cerise (pour l’accueil des nounous à la bibliothèque des petits), avec La Clairière pour des animations, avec les Restos du Cœur (pour la lecture aux enfants), avec le collège Poquelin (pour l’animation de groupes sourds et malentendants) témoignent de l’implication de l’équipe. Afin de faire tomber les barrières qui tiennent la culture à distance, plusieurs projets sont envisagés : des ateliers numériques, des ateliers de conversation pour les publics non francophones. Outre une riche programmation culturelle, la Médiathèque souhaite organiser des débats citoyens autour de questions d’actualité afin de favoriser la rencontre des publics. Elle propose aussi un service de troc de livres : venir déposer des livres, en prendre d’autres… ainsi qu’une grainothèque sur le même principe, afin de sensibiliser à notre environnement. Une pièce d’identité et une adresse suffisent pour s’inscrire à la Médiathèque et pour être au courant de toutes les animations grâce à l’info lettre.

Du neuf autour de la Samaritaine, et c’est pas du luxe !

Alors que les travaux de la Samaritaine se poursuivent (s’éternisent), la ville devrait entamer d’ici la fin de l’année 2018 le réaménagement et la réfection des espaces publics du périmètre situé entre les rues du Pont Neuf, de l’Amiral de Colligny, de Rivoli et les quais, afin notamment de réduire la circulation automobile dans ce quartier et améliorer le cadre de vie, sinistré par plus de 12 ans de fermeture (fin de l’activité du grand magasin en 2005, début des travaux en 2015). La placette située dans l’axe du Pont Neuf va bénéficier de la disparition de la trémie de la voirie des halles et du démontage de la citée de chantier. Cet espace rendu aux piétons sera agrémenté d’un jet d’eau, de magnolias qui remplaceront les 7 platanes et accueillera des bancs ainsi que le kiosque à journaux qui jouxtait auparavant la bouche du métro Pont Neuf. Petit bémol, l’installation de toilettes publics n’est malheureusement pas envisagée. Les rues Bailleul et de la Monnaie seront piétonnes. La circulation des bus se fera par la rue du Pont Neuf, et non plus par la rue de la Monnaie. La rue de l’Arbre Sec, pour sa portion entre la Seine et la rue de Rivoli, deviendra « zone de rencontres » (circulation automobile réduite, et vitesse réduite à 20km/h), son sens de circulation sera inversé et ses trottoirs élargis. Ce qui est une très bonne chose pour les élèves de l’école de l’Arbre Sec et leurs parents. Enfin, le stationnement en épi rue des Prêtres Saint Germain l’Auxerrois sera supprimé, les trottoirs élargis, avec des passages piétons surélevés.

Plus d’information sur le site collectif-samaritaine.

4, 3, 2, 1… restez.

Dès les prochaines élections municipales de 2020, les quatre arrondissements du centre de Paris seront regroupés : un seul maire et un seul conseil d’arrondissement pour remplacer ceux des 1er, 2ème, 3ème et 4ème, une seule « mairie » et, nous dit-on, une meilleure représentativité.
Il faut reconnaitre que la carte parisienne n’avait pas évolué depuis 1860, tandis que la démographie, les besoins et les services ont bien changé. Exemple frappant, le 1er arrondissement qui compte aujourd’hui un peu plus de 17.000 habitants, en accueillait 5 fois plus (85.000) en 1861 !
En regroupant les instances de décision, mais aussi les services, le prochain maire d’arrondissement et son conseil municipal devraient avoir plus de poids à l’Hôtel de Ville face aux arrondissements plus importants. A titre indicatif, pour le 15ème arrondissement, on dénombre 240.000 habitants représentés par 30 élus dont 18 siègent au Conseil de Paris quand le 1er arrondissement compte 11 élus dont un seul d’entre eux siège au Conseil de Paris.La réforme, qui s’inscrit dans le cadre de la loi du 28 février 2017 et qui doit faire l’objet d’une concertation jusqu’au 31 décembre 2018, devrait aussi permettre un renforcement des prérogatives du maire d’arrondissement en matière de propreté, de lutte contre les incivilités ou de politique de la ville. La localisation, et donc le choix entre les 4 mairies actuelles, n’est pas encore décidée et doit aussi être débattue dans le cadre de cette concertation. La ville annonce cependant que les 3 autres bâtiments accueilleront toujours des services publics parisiens, notamment pour les démarches administratives. Accomplir suivra avec intérêt et vigilance la préparation de cette réforme, et en particulier les conditions de sa mise en oeuvre concrète : nous souhaitons tout particulièrement qu’elle soit l’occasion d’une amélioration tangible des services de proximité et du cadre de vie, sans dégradation des conditions d’accueil pour les démarches administratives. Enfin, une précision : la numérotation et les codes postaux ne changeront pas : il y aura toujours des habitants du 1er, du 2ème, du 3ème et du 4ème. Et n’en déplaise au 19ème arrondissement, il ne deviendra pas le 16ème !

Revue de presse : rions un peu avec le Syndicat des discothèques et lieux de loisirs

Comas éthyliques, overdoses, attroupements, troubles de voisinage, nuisances sonores… A en croire le président du syndicat en question, tout cela pourrait très bien arriver « dans un lycée, un cinéma », ou même chez vous… et d’ailleurs, si cela arrivait chez vous, pourquoi devriez vous être responsables (« on ne peut pas être derrière chaque client… La responsabilité du consommateur ne doit pas être transférée vers les établissements ») ? C’est en substance ce qu’il a déclaré dans un article du Parisien. Alors pourquoi enquiquiner les patrons de bars et boîtes ?
Et d’ailleurs, nous dit-il, « si on veut protéger nos enfants, il vaut mieux les laisser sortir dans des structures comme les nôtres plutôt que dans des lieux alternatifs ». C’est bien connu, les boîtes de nuit, c’est un peu le centre aéré de la vie urbaine. Et si il reconnait qu’il existe un problème de nuisances sonores, en citant des « défaillances : des isolements qui ne sont pas bons, des limiteurs qui ne sont pas bien réglés » elles sont dues, selon lui, à « une forme de racisme anti-jeunes. Nous sommes un pays vieillissant, avec une population âgée, il y a des plaintes liées à un conflit générationnel ».
Cet expert de la mauvaise foi ignore donc que les habitants de Paris sont plutôt jeunes (34% de 20 à 39 ans, la moyenne nationale étant à 24% selon le recensement 2017), et que ce sont aussi les actifs, les jeunes parents avec enfants (12,8 naissances par an pour 1000 habitants à Paris, la moyenne nationale étant de 11,8%), qui s’inquiètent de ces dérives et n’en peuvent plus du bruit.

Escalators : marche ou crève...

De nombreux habitants du quartier et visiteurs du Forum se posent la question : pourquoi les escalators donnant accès au centre commercial et à la gare RER sont-ils si souvent arrêtés ? Réponse : ils sont soit trop vieux… soit trop jeunes ! Du côté de la place carrée et des cinémas, les escaliers mécaniques ont plus de 30 ans, les pièces détachées sont introuvables, et la seule solution consiste à remplacer l’appareil. Six d’entre eux l’ont déjà été, il en reste encore huit et cela prendra plusieurs années. Du côté des escalators neufs de la Canopée, c’est un problème de réglage : très sensibles, ils se mettent en sécurité et s’arrêtent fréquemment. Leur constructeur est venu procéder à des ajustements, mais ces installations sont évidemment très fréquentées, et parfois victimes d’actes de malveillance (appui intempestif sur les boutons d’alarme). Le réglage des ascenseurs étant lui aussi en cours de finalisation, il faudra donc prendre son mal en patience, et se dire que monter par l’escalier, c’est bon pour la santé !

Une vidéo sur la bagagerie Mains Libres

A l’occasion des dix ans de la bagagerie Mains Libres, la photographe Florence Levillain a présenté une exposition de portraits en grand format d’usagers et de bénévoles, visible le site de son agence. Elle a également réalisé un magnifique documentaire de 15 minutes dans lequel les SDF expliquent à quoi leur sert cet équipement. Il existe désormais 7 bagageries à Paris, et 4 en projet. Mais la spécificité de Mains Libres, qui n’est pas toujours reprise par les autres bagageries, c’est de faire participer les SDF aussi bien à la gestion quotidienne qu’au conseil d’administration. Chez Mains Libres, les deux tiers des permanences d’accueil sont assurés par les usagers eux-mêmes ! Or, la prise de responsabilité est un vecteur puissant pour reprendre confiance et se réinsérer. Longue vie à cette belle initiative de notre quartier !

De l’air ! Constat des lieux 1 an après

En septembre 2016, la Mairie de Paris piétonnisait les 3,5 km de la voie G. Pompidou, ce qui a suscité de nombreuses interrogations et polémiques. Pour juger l’impact de cette décision sur la qualité de l’air, l’association Airparif a proposé une étude spécifique sur un an et en deux parties, hivernale et estivale, en tenant compte de multiples facteurs (les saisons, nombre de véhicules, fluidité du trafic, topographie de l’axe..). Vous pouvez retrouver tous les résultats de cette étude sur Airparif. Nous nous contenterons de quelques remarques concernant Paris intra-muros. On constate une amélioration de la qualité de l’air sur les quais bas fermés à la circulation (les voies sur berge), mais une dégradation sur les voies de report (quais hauts et Bld St Germain) et dès la fin de la portion piétonnisée (à l’est de Paris). Aucun impact significatif sur l’exposition globale des parisiens n’a été mis en évidence à la hausse ou à la baisse. Les résultats sur Paris montrent deux tendances :
- une amélioration globale de la qualité de l’air le long des quais (jusqu’à - 25 %).
Toutefois, les niveaux sont toujours supérieurs aux valeurs réglementaires.
- une dégradation de la qualité de l’air significative dans l’est parisien en sortie de la zone piétonne (jusqu’à + 15 %), au niveau du quai Henri IV et le long du quai de Bercy. Cette dégradation est plus limitée aux carrefours des quais hauts et sur les itinéraires de report de circulation (boulevard St. Germain). Globalement, les niveaux de dioxyde d’azote sont plus élevés le long de la portion fermée (centre et ouest). Les concentrations les plus importantes ont été constatées sur les Quais du Louvre et de la Mégisserie. A l’inverse, les résultats les plus bas correspondent aux quais bas, fermés à la circulation et ouverts aux piétons. On peut les comparer aux niveaux de pollution de fond, mesurés par exemple dans les parcs, loin de la circulation.

Des rues rénovées… D’ici deux ans

Nous l’annoncions en mars 2017 dans notre Lettre n°105, la réfection de l’ensemble de la voirie du quartier des Halles va enfin être lancée. Si nous déplorons toujours le choix de matériaux « au rabais » (granit gris pour quelques voies principales, asphalte pour les rues secondaires), la confirmation du calendrier (février 2018 à août 2019) laisse enfin percevoir la fin d’une période de chantier qui a commencé… en 2010 ! Mais nous persistons à plaider pour l’installation d’un dispositif de contrôle d’accès des véhicules motorisés, ce qui ne semble malheureusement toujours pas être d’actualité.

Le toit brûlant de la Canopée

Les concepteurs de la Canopée n’ont pas fini de nous étonner, avec leur toit plein de surprises. Après le toit qui fuit (les travaux de colmatage des ventelles viennent de débuter, pour un coût, confirmé au Comité de suivi du chantier, de 1,2 millions d’euros…), voici le toit qui éblouit et contribue au réchauffement climatique. Une douzaine d’habitants de l’immeuble du 112-118 rue Rambuteau nous ont signalé, à plusieurs reprises, que leurs logements étaient victimes de la réverbération générée par la canopée. Outre le désagrément visuel, cette luminosité ascendante excessive a généré des hausses de température atteignant jusqu’à 45 degrés dans les logements concernés. Aux dernières nouvelles, la solution a été trouvée. La RIVP, profitant du ravalement des bâtiments, a installé les stores occultants dans toutes les fenêtres. Nous sommes ravis que les plaintes des habitants aient été entendues !

 

Une bulle commerciale au centre de Paris ?

La « Canopée » génère-t-elle une sorte de ressac commercial dans son environnement proche ? Si le Forum des Halles a su, une nouvelle fois et après de longues années de travaux, attirer des enseignes populaires et des marques internationales, la situation des commerces du centre de Paris semble beaucoup plus contrastée. Vous êtes plusieurs à vous être étonnés de la
vacance de plusieurs surfaces commerciales rue de Rivoli, rue du Louvre, rue Etienne Marcel… et à vous inquiéter de la disparition de commerces de proximité. Dans une étude parue fin 2016, l’Atelier Parisien d’Urbanisme  (APUR) confirme une progression du nombre de surfaces vides au niveau parisien avec près de 600 locaux vacants, soit un taux de vacance de 9%, en progression de 4,36 %. Pour la seule rue de Rivoli, l’APUR recense 7 nouvelles surfaces vacantes au cours de la dernière année. Mais surtout, la vacance commerciale s’enracine, plus de 56 % des commerces vacants en 2015 l’étaient encore en 2016. Concernant les zones « à forte attractivité » (le quartier des Halles en fait partie), trois secteurs d’activité sont plus particulièrement touchés : les agences et services (banques, téléphonie, agences de voyages, agences d’intérim…), les magasins de décoration de la maison, en baisse depuis huit années consécutives, et les commerces d’habillement, qui en outre connaissent une forte rotation. Si la baisse observée concernant les services peut s’expliquer par de nouveaux modes de consommation (transactions sur Internet), d’autres phénomènes sont probablement à l’oeuvre : le déport de certaines enseignes qui ont rejoint le Forum des Halles à la suite de la rénovation, une forte concentration de commerces qui renforce la concurrence, un environnement dégradé par des chantiers longs, qui pèsent sur l’attractivité et enfin la progression des loyers, notamment par l’effet d’aubaine qu’a pu constituer la qualification comme « zone touristique internationale (ZTI) » qui a introduit la possibilité d’ouvrir le dimanche, et donc augmenter le potentiel pour certains types de commerces. On peut dès lors s’interroger sur l’impact qu’auront, dans les prochaines années, l’ouverture de nouvelles surfaces conséquentes dans l’ancienne Samaritaine, à la Poste du Louvre ou au Louvre des Antiquaires.